Lorsqu’un proche commence à avoir des oublis, des difficultés d’attention ou des changements de comportement, beaucoup de familles pensent immédiatement à la maladie d’Alzheimer. Pourtant, tous les troubles cognitifs ne sont pas liés à Alzheimer.

D’autres causes peuvent expliquer ces difficultés. Parmi elles, on retrouve parfois la leucopathie cérébrale, aussi appelée, dans certains cas, leucoaraïose ou atteinte de la substance blanche.

Qu’est-ce que la leucopathie cérébrale ?

Le terme “leucopathie” signifie littéralement “atteinte de la substance blanche”. La substance blanche est une partie du cerveau composée de fibres nerveuses qui permettent aux différentes zones cérébrales de communiquer entre elles.

Lorsque cette substance blanche est altérée, la circulation des informations dans le cerveau peut être moins efficace. Cela peut avoir des conséquences sur la mémoire, l’attention, la marche, l’équilibre ou encore l’humeur.

Dans de nombreux cas, notamment chez les personnes âgées, la leucopathie est liée à une maladie des petits vaisseaux cérébraux. Cela correspond à une atteinte des petites artères qui irriguent le cerveau. L’Inserm indique que cette maladie des petits vaisseaux est fréquente avec l’âge et concernerait environ 4 millions de personnes de 60 ans ou plus en France. Elle prédispose notamment aux accidents vasculaires cérébraux et à certaines formes de démence. 

Est-ce la même chose que la maladie d’Alzheimer ?

Non. La leucopathie cérébrale et la maladie d’Alzheimer ne désignent pas la même chose.

La maladie d’Alzheimer est une maladie neurodégénérative progressive. Elle touche notamment la mémoire et certaines fonctions cognitives, avec une évolution dans le temps.

La leucopathie, elle, correspond le plus souvent à des lésions visibles à l’imagerie cérébrale, notamment à l’IRM. Ces lésions peuvent être liées à des causes vasculaires, comme l’hypertension artérielle, le diabète, le tabac, l’âge ou des antécédents d’AVC.

Il est donc possible qu’une personne présente des troubles de mémoire sans avoir Alzheimer. Ces troubles peuvent être liés à une cause vasculaire, à une dépression, à un trouble du sommeil, à certains médicaments, à une carence, ou à d’autres pathologies.

En pratique, seul un bilan médical permet de comprendre l’origine des symptômes.

Quels sont les symptômes possibles ?

La leucopathie cérébrale peut être découverte par hasard lors d’une IRM, sans provoquer de symptômes importants. Mais lorsqu’elle est plus étendue, elle peut être associée à plusieurs difficultés.

Les symptômes possibles peuvent inclure :

  • des troubles de la mémoire ;
  • des difficultés d’attention ou de concentration ;
  • un ralentissement dans les gestes ou la pensée ;
  • des difficultés d’organisation ;
  • des troubles de la marche ou de l’équilibre ;
  • des chutes plus fréquentes ;
  • des troubles de l’humeur, comme une perte d’élan, une dépression ou une apathie ;
  • parfois des troubles urinaires.

Les études sur les maladies des petits vaisseaux cérébraux montrent qu’elles peuvent être associées à un déclin cognitif, des troubles de la marche, des troubles de l’humeur et parfois une incontinence urinaire. 

Pourquoi cela peut faire penser à Alzheimer ?

La confusion est fréquente, car certains signes se ressemblent au début : oublis, baisse d’attention, difficultés à organiser le quotidien, changements d’humeur.

Mais dans les troubles cognitifs d’origine vasculaire, le profil peut être différent. Les difficultés portent souvent davantage sur :

  • la vitesse de traitement de l’information ;
  • l’attention ;
  • l’organisation ;
  • la planification ;
  • la marche et l’équilibre.

À l’inverse, dans la maladie d’Alzheimer typique, les troubles de la mémoire récente sont souvent au premier plan.

Ce n’est pas toujours aussi simple. Certaines personnes peuvent aussi avoir plusieurs causes associées : par exemple une maladie d’Alzheimer et des lésions vasculaires. C’est pourquoi un diagnostic précis est important.

Comment diagnostique-t-on une leucopathie cérébrale ?

Le diagnostic repose principalement sur une IRM cérébrale. La leucopathie apparaît souvent sous forme d’anomalies de la substance blanche, appelées “hypersignaux de la substance blanche” sur certaines séquences d’IRM.

L’IRM permet de visualiser :

  • les lésions de la substance blanche ;
  • d’éventuels petits infarctus anciens ;
  • des micro-saignements ;
  • d’autres causes possibles des troubles cognitifs.

Les ressources neurologiques indiquent que les lésions vasculaires responsables de troubles cognitifs peuvent être visibles à l’IRM, notamment sous forme d’hypersignaux de la substance blanche.

Le rôle de l’accompagnement à domicile

Lorsqu’une personne présente des troubles cognitifs, une leucopathie ou une maladie neuro-évolutive, l’accompagnement à domicile peut jouer un rôle important.

Il permet notamment de :

  • sécuriser le quotidien ;
  • maintenir les repères ;
  • accompagner les gestes de la vie quotidienne ;
  • observer les évolutions ;
  • soutenir les aidants ;
  • orienter vers les bons interlocuteurs si la situation change.

Pour les proches, il est souvent difficile de savoir si les troubles relèvent d’un vieillissement normal, d’Alzheimer ou d’une autre cause. L’essentiel est de ne pas rester seul face aux doutes.

En résumé

Tous les troubles de mémoire ne sont pas synonymes d’Alzheimer.
La leucopathie cérébrale peut être l’une des causes possibles de troubles cognitifs, notamment lorsqu’elle est liée à une atteinte des petits vaisseaux du cerveau.

Elle peut aussi être associée à des troubles de la marche, de l’équilibre, de l’humeur ou de l’autonomie.

Le diagnostic repose principalement sur l’IRM cérébrale, complétée par un bilan médical et cognitif. En cas de doute, il est important d’en parler à un médecin.

Le SPASAD LAJOSA accompagne les personnes fragilisées à domicile et soutient les aidants dans leur quotidien.

Sources

  • INSERM – Maladie des petits vaisseaux cérébraux : les connaissances génétiques avancent
  • Li Q. et al. (2018), Cerebral Small Vessel Disease, National Institutes of Health / PMC. 
  • Markus H.S. et al. (2022), Cerebral small vessel disease: Recent advances and future directions, National Institutes of Health / PMC. 
  • Collège des Enseignants de Neurologie – Confusion, troubles cognitifs et démence
  • MSD Manuals – Troubles cognitifs et démence vasculaires

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