Il n’est pas rare qu’une personne présentant des troubles de la mémoire ou du comportement refuse de consulter un médecin.
Elle peut minimiser les difficultés, les attribuer à la fatigue ou affirmer que “tout va bien”.
Pour les proches, cette situation est souvent source d’inquiétude, de frustration et parfois de conflits.
Alors comment agir lorsque le dialogue semble bloqué ?
Pourquoi le refus est-il fréquent ?
Le déni n’est pas nécessairement de la mauvaise volonté.
Il peut être lié à plusieurs facteurs :
- La peur d’un diagnostic
- La crainte de perdre son autonomie
- La honte ou la gêne face aux difficultés
- Une réelle difficulté à prendre conscience des troubles
Dans certaines maladies neurodégénératives, la personne peut également ne pas percevoir ses propres difficultés. On parle alors d’anosognosie : un trouble de la conscience des troubles.
Comprendre cela permet d’éviter d’entrer dans un rapport de confrontation.
Éviter la confrontation directe
Dire à son proche :
“Tu as un problème” ou “Tu oublies tout” risque d’entraîner un blocage.
Il est préférable :
- D’exprimer son inquiétude avec bienveillance
- De parler en “je” plutôt qu’en “tu”
- D’évoquer un besoin de vérification plutôt qu’un diagnostic
Par exemple :
“Je me sens inquiet ces derniers temps, j’aimerais qu’on fasse un point avec le médecin pour être rassurés.”
L’objectif est d’éviter le conflit et de préserver la relation.
Proposer une consultation sous un autre angle
Si la personne refuse un rendez-vous pour des “troubles de mémoire”, il peut être utile de proposer :
- Un bilan général de santé
- Un renouvellement d’ordonnance
- Un contrôle de routine
Le médecin pourra alors, avec tact, élargir la discussion.
Impliquer le médecin traitant
Le médecin traitant joue un rôle central.
Il peut :
- Recevoir les proches pour échanger sur les inquiétudes
- Organiser une consultation adaptée
- Orienter vers un bilan mémoire si nécessaire
Il est possible d’écrire au médecin pour lui exposer la situation, même si le secret médical limite ensuite les retours qu’il pourra faire.
Éviter l’isolement de l’aidant
Face au refus, l’aidant peut se sentir seul.
Il est important de :
- Se faire accompagner
- Se rapprocher de structures spécialisées
- Demander conseil à des professionnels
L’objectif est de ne pas porter seul la responsabilité de la situation.
Quand la situation devient préoccupante
Si les troubles mettent en danger la personne ou son entourage (désorientation importante, oubli du gaz allumé, chutes répétées), il est essentiel d’agir rapidement.
Dans ces cas, le médecin peut envisager une évaluation plus approfondie, voire une hospitalisation de courte durée si nécessaire.
Trouver le bon équilibre
Convaincre un proche de consulter demande du temps, de la patience et parfois plusieurs tentatives.
L’important est de préserver le lien et de ne pas transformer l’inquiétude en conflit permanent.
Un diagnostic, même difficile, permet ensuite d’adapter l’accompagnement et d’anticiper les besoins.
En résumé
Le refus de consulter est fréquent lorsqu’apparaissent des troubles cognitifs.
La bienveillance, le dialogue et l’appui du médecin traitant sont essentiels.
Si vous êtes confronté à cette situation, n’hésitez pas à vous faire accompagner.
Le SPASAD LAJOSA est à l’écoute des aidants et peut vous orienter vers les ressources adaptées.
Sources:
- Haute Autorité de Santé (HAS) – Maladie d’Alzheimer et maladies apparentées : diagnostic et prise en charge(recommandations de bonnes pratiques).
- INSERM – Dossier scientifique « Maladie d’Alzheimer », données actualisées.
- Ministère des Solidarités et de la Santé – Plan Maladies Neurodégénératives.
- France Alzheimer – Guides pratiques à destination des aidants.
- Association Française des Aidants – Ressources sur l’accompagnement et le soutien des proches aidants.
- CNSA (Caisse Nationale de Solidarité pour l’Autonomie) – Informations sur les dispositifs d’accompagnement.
- Brodaty H., Donkin M. (2009). Family caregivers of people with dementia. Dialogues in Clinical Neuroscience.