La fatigue décisionnelle est un phénomène bien documenté en psychologie : plus une personne doit prendre de décisions dans la journée, plus sa capacité à faire des choix s’épuise.
Chez les aidants, cette fatigue est constante ; et en décembre, elle s’accentue.
1. Les aidants prennent des décisions… toute la journée
L’aidant doit décider :
- des horaires de prise de médicaments
- de la toilette
- des repas
- des rendez-vous médicaux
- des tâches ménagères
- de la sécurité au domicile
- des conduites à tenir en cas de crise
Cette accumulation crée une surcharge mentale continue.
2. Pourquoi décembre est-il un mois particulièrement difficile ?
a) La charge émotionnelle augmente
Fêtes, souvenirs, anniversaires, solitude, fatigue de fin d’année : tout remonte.
b) Les sollicitations familiales explosent
Invitations, organisation, achats, repas…
Les aidants doivent “faire rentrer” leurs obligations dans un quotidien déjà saturé.
c) Les symptômes des proches peuvent s’accentuer
Le froid, la baisse de lumière, le stress → aggravent souvent :
- agitation
- troubles du sommeil
- anxiété
- troubles cognitifs
d) Les aidants s’autorisent encore moins de repos
La période festive pousse parfois à “tenir pour tout le monde”, au détriment de soi.
3. Les conséquences : un épuisement bien réel
La fatigue décisionnelle peut entraîner :
- irritabilité
- difficultés de concentration
- culpabilité
- sentiment d’être dépassé
- risque de burn-out de l’aidant
4. Comment alléger la fatigue décisionnelle ?
✔️ Planifier le minimum vital
Prioriser : sécurité, soins, repos.
Le reste peut attendre.
✔️ Déléguer ce qui peut l’être
Famille, amis, professionnels, dispositifs de répit.
✔️ Utiliser des outils simples
Pilulier hebdomadaire, planning affiché, liste de courses récurrente.
✔️ Prévoir des moments sans décisions
Marcher, respirer, s’isoler quelques minutes chaque jour.
✔️ Accepter de faire moins
C’est une vraie preuve de sagesse, pas un échec.
Conclusion
Décembre cumule émotions, obligations et exigences.
Reconnaître la fatigue décisionnelle, c’est déjà la prendre en compte, et se protéger.
L’aidant ne peut pas tout porter : le répit, la délégation et l’accompagnement sont des droits, pas des privilèges.